Situation de l’infection par le VIH dans les Hauts-de-Seine : une épidémie dynamique
L’Ile-de-France est la région la plus touchée de France métropolitaine par l’épidémie
La situation épidémiologique de la France est caractérisée par une incidence de l’ordre
de 7 000 à 8 000 nouvelles contaminations par an. La prévalence était estimée fin
2008 entre 135 000 et 170 000 personnes infectées (estimation INSERM/InVS). Une dynamique
qui s’explique en partie par la proportion de personnes infectées non dépistées,
évaluée à 50 000 personnes fin 2008 (soit 30 à 40 % des personnes infectées).
L’Ile-de-France concentre à elle seule 46 % des découvertes de séropositivité enregistrées
en France métropolitaine entre mars 2003 et fin 2006. Les étrangers vivant en Ile-de-France
sont très touchés par le VIH notamment ceux originaires d’Afrique Sub-saharienne
comme les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Les Hauts-de Seine
est l’un des départements franciliens les plus touchés par l’épidémie, après Paris
et la Seine-Saint-Denis. La prévention du VIH/Sida constitue toujours une priorité
nationale et régionale.
Il faut une véritable amélioration en matière de dépistage, de prévention et de prise
en charge médicale car une personne infectée sur deux y accède trop tardivement.
Hépatite B et C : une situation préoccupante
L’Ile-de-France est la région la plus touchée de France métropolitaine par les hépatites.
La situation concernant les hépatites B et C est préoccupante. Les infections par
les virus de l’hépatite B et C concernent 500 000 personnes en France métropolitaine,
280 000 pour l’hépatite B et 220 000 pour l’hépatite C en 2004 (source : Institut
de veille sanitaire).
Ces infections sont trois fois plus fréquentes chez les personnes en situation de
précarité et entrainent des hépatites chroniques dans 5 à 10 % des cas pour l’hépatite
B et dans 50 à 90 % des cas pour l’hépatite C.
En 2001, ces infections ont entrainé autour de 4 000 décès. Elles réduisent l’espérance
de vie lorsqu’elles sont associées à une consommation excessive d’alcool et/ou associé
au VIH. On note depuis l’arrêt des campagnes de vaccination en 1998 une baisse dramatique
de la couverture vaccinale contre l’hépatite B, liée à une mauvaise application du
calendrier vaccinal. L’Ile-de-France est la région la plus touchée de France métropolitaine
pour les viroses chroniques (hépatites virales et VIH) et la tuberculose.
Trois grandes orientations émergent du plan national de lutte contre les hépatites
B et C 2009-2012.
- La prévention, en particulier vis-à-vis des populations potentiellement touchées.
La relance de la vaccination contre l’hépatite B ciblée reste d’actualité.
- L’amélioration du dépistage. En effet parmi les 500 000 personnes concernées par
ces infections seulement la moitié a été dépistée. Pour une meilleure efficacité
le dépistage doit être orienté vers certains groupes initialement non ciblés mais
chez lesquels les données épidémiologiques montrent une prévalence élevée (personnes
en situation de précarité, migrants…).Chez les usagers de drogues injectables, on
peut noter une prévalence toujours élevée du virus de l’hépatite C. La politique
de réduction des risques a permis une diminution marquée de décès par overdose ainsi
qu’une baisse des contaminations par le VIH chez les usagers de drogues injectables.
En revanche, l’impact sur la prévalence du virus de l’hépatite C reste élevé dans
cette population (76 % chez les usagers de drogues injectables à Paris en 2004).
- L’accès renforcé aux soins notamment en direction des personnes les plus défavorisée
ayant des difficultés d’accès aux traitements. Cette prise en charge nécessite une
vision globale pluridisciplinaire et une meilleure collaboration entre l’hôpital
et la médecine de ville.
Les objectifs du réseau Ressource répondent là encore à ces orientations aussi bien
par le public qu’il prend en charge (population vulnérable, migrants, usagers de
drogues) mais aussi par les différents aspects de la prise en charge (prévention,
dépistage, accès aux soins), dans ce contexte régional singulier.