Au sein des populations en situation précaire, les fumeurs sont plus nombreux, quel
que soit l'âge ou le sexe, et consomment en moyenne 30% de cigarettes de plus que
les non-
Les personnes en situation précaire sont également plus dépendantes avec des résultats au test de Fagerström justifiant fréquemment l'utilisation d'un traitement par substitution nicotinique pour le sevrage .
Par ailleurs, le risque cardio-
La tentative d’arrêt du tabac n’étant pas liée à un caractère socio-
Dans ce but, la "Conférence de consensus sur l'aide à l'arrêt de la consommation du tabac » recommande de faciliter l'accessibilité au dispositif de soins des populations précaires et de permettre l'accès au remboursement des substituts nicotiniques.
Ces recommandations sont renforcées par une étude subventionnée par la CNAM dans des centres de santé. Cette étude suggère que la mise à disposition gratuite des substituts nicotiniques dans le cadre des populations facilite sa prise ne charge avec une réelle probabilité de réussite sur le court terme.
Une autre étude, réalisée en 2003 pour le CETAF dans 52 centres d’examens de santé, touchant 6215 fumeurs confirmait l'intérêt de la mise à disposition gratuite des substituts nicotiniques pour les fumeurs en situation difficile.
Le principal argument, habituellement opposé à la mise à disposition gratuite des substituts, est d’ordre économique. Pour un usager le coût correspondant à sa consommation de tabac est en général supérieur à celui de l’achat de substitut. Le fumeur serait donc gagnant financièrement lorsqu’il réalise un sevrage, rendant inutile le remboursement de sa substitution.
Cet argument est discutable et ce, d’autant plus que le patient vit dans des conditions
socio-
Dans le cadre du fumeur en situation précaire, la situation est pourtant identique. Les dépenses consenties par les ménages pauvres au tabac sont très élevées entraînant le détournement de ressources vitales telles que l'alimentation et d'autres besoins fondamentaux. Comme pour les autres addictions précédemment citées, l’OMS parle également du cercle vicieux « tabac pauvreté ». Les pauvres étant souvent de gros consommateurs de tabac et le tabac est un facteur de pauvreté par la perte de revenu qu’il entraîne . Une des solutions pour casser ce cercle vicieux, comme le montre les études et les recommandations d’experts citées plus haut, serait la mise à disposition gratuite des substituts nicotiniques pour les populations précaires.
Une expérimentation, réalisée entre 2007 et 2008 par le Réseau ressource et l’hôpital Antoine Béclère (Clamart), a permis de faire accéder gratuitement au traitement d’aide au sevrage tabagique des patients en situation précaire.
Dix-
Le profil socio-
Il y a une incidence non négligeable d’autres addictions associées (chez 53% des
patients) en particulier à l’alcool (29%). Trente-
Vingt-
Les résultats sont très satisfaisants car on note un arrêt ou diminution d’au moins 50% de l’intoxication tabagique chez 82% des patients le premiers mois, 67% le deuxième mois, 58% le 3ème mois, 41% le 6ème mois et enfin 30% après 1 an. Le nombre de perdu de vue à 12 mois (70%) semble similaire à celui de la population habituelle en tabacologie.
Tabac et précarité